Entre chien et loup

D’abord, partons de cette vérité établie maintenant : Le chien est un loup qui a été domestiqué. Après des recherches comparatives entre le chacal, le coyote, le loup et le chien, il a été démontré que le loup et le chien avaient 99 % de leurs génomes en commun. La domestication du loup a tout de même été un long processus. Elle s’est opérée entre -30 000 ans et -15 000 ans avant J.-C.. Le chien est même le premier animal à avoir été domestiqué par l’homme. Les loups et les hommes partageaient la même niche écologique. Ce qui signifie qu’ils avaient de nombreux contacts et étaient même en concurrence et/ou collaboration pour la chasse. À force de se côtoyer, les humains ont domestiqué les loups pour en faire des alliés. La sélection des louveteaux les plus dociles a forgé les prémisses de l’éducation canine.

Origine

Concernant la domestication en elle-même, deux théories coexistent. La première explique que les humains auraient pris des louveteaux dans les tanières et les auraient élevés. La seconde dit que les loups se seraient rapprochés des humains petit à petit, car ceux-ci laissaient des carcasses derrière eux. Les plus docile seraient entrés en contact direct avec les humains, qui auraient commencé une sélection.

Les points communs

Les chiens et les loups sont tous les deux des mammifères appartenant à la famille des Canidés, mais également au genre Canis. Les Canidés sont trois groupes différents composés des Hesperocyoninés, des Borophaginae et des Caninae. De ce troisième groupe, émerge le genre Canis dont sont issus les loups et plus tard les chiens. Le groupe Caninae est le seul ayant des familles encore en vie. Il y a environ 4 millions d’années, le loup gris commencera à ressembler à celui que nous connaissons actuellement. À force de côtoyer les humains, il y a 30 000 ans, ces loups ont perdu leurs peurs et leurs agressivités naturelles. Mais, à l’instar des loups, les chiens possèdent encore ces caractéristiques en eux. Comme les loups, les chiens possèdent toujours cette volonté de défense du groupe. Le maître ou le troupeau a en revanche été remplacé par la meute et l’alpha.

Les différences

Premièrement, la domestication entraîne des changements morphologiques. Étant donné que la morphologie s’est adapté au rôle du chien, on peut en trouver certains qui ressemblent encore physiquement au loup (cf. berger allemand) ou plus du tout (cf. carlin). Ce n’est qu’au XIXe siècle que les croisements liés à l’esthétique du chien ont commencé.

La morphologie des chiens est extrêmement variée, que ce soit au niveau de la taille, de la fourrure, de la queue, des oreilles, etc. Physiologiquement, les changements ont surtout eu lieu au niveau de l’axe hypothalamohypophyso-surrénalien, du cerveau et de la digestion. Au niveau du développement, la période sensible et la néophobie diffèrent entre chien et loup. La première est plus longue chez les chiots et la néophobie plus élevée chez les louveteaux. Ces 2 composantes ont des conséquences sur le développement comportemental des animaux. Quant aux différences cognitives, les loups sont peut-être plus capables que les chiens d’élaborer un plan d’attaque en groupe.

L’ocytocine

En 1959, un scientifique a voulu recréer cette expérience de la domestication avec des renards. Après dix générations de sélections, il remarque que les renards commençaient à développer des comportements similaires à celui du chien. Une question demeure: Pourquoi le chien est devenu le meilleur ami de l’homme et non pas la vache, par exemple ? La réponse: l’ocytocine, hormone du « bonheur » ou de l’attachement que l’on retrouve chez certains mammifères. Une étude japonaise de 2021 a comparé le taux de sécrétion d’ocytocine de 11 éleveurs de loups et de 30 propriétaires de chiens en analysant les caresses et les regards. Les taux des propriétaires de chiens et des chiens eux-mêmes étaient 30 % plus élevés que ceux des éleveurs de loups. En définitive, le chien est-il aujourd’hui perçu comme un membre de la famille ?